Monday, October 24, 2011

Blogue# 2 Le style Des Frères Dardenne


Les deux réalisateurs belges, Jean Pierre et Luc Dardenne, sont reconnus partout dans le monde grâce à leurs Palmes d’Or obtenues pour leurs films Rosetta (1999) et L’Enfant (2005). Il n’y a aucun doute que les frères Dardenne sont parmi les réalisateurs les plus talentueux à travers l’histoire du cinéma francophone. Bien que la production de leurs films soit généralement modérée, je trouve qu’il y a peu de films qui peuvent rivaliser avec eux. Cela est dû à leur style très unique et idiosyncrasique qui présente des techniques cinématographiques et des éléments thématiques d’un réalisme social qui peint souvent l’image d’une jeunesse négligée et marginalisée entre un monde libéral et exploiteur.

Leur style est largement amélioré par la représentation de certains paramètres esthétiques des effets visuels de la caméra. Avec l’utilisation rhétorique de la caméra, une grande partie du film Rosetta et Dans L’Obscurité est tournée de très près des personnages. C’est comme si la camera était scotchée derrière les épaules des personnages, filmant leurs gestes et leurs répétitions quotidiennes. Cela contribue à donner un sens aigu de l’aspect physique des personnages et
ça nous donne aussi l’impression de n’être que un pas ou deux de la tête des personnages, en train de suivre leurs actions.

Dans Rosetta, comme la caméra suivait Rosetta de très près, le spectateur est aussi porté à la suivre. On la suit dans sa lutte quotidienne, faisant du mieux qu’elle peut pour ne pas tomber et s’enraciner dans le trou comme sa mère. On la suit quand elle essaie de trouver un travail pour avoir une place stable dans le monde matérialiste du Capitalisme pour avoir une vie normale et pour s’échapper à cet endroit misérable, négligé et aliéné à la société. Dans L’Obscurité aussi, avec le jeune homme lentement suivi de très près par la caméra, nos yeux sont aussi forcés de suivre. Tout au long de la scène, on le suit lentement dans la salle de cinéma, essayant de rester avec lui lorsqu’il vole dans la pochette de la femme.

Cette manière de filmer de très près les personnages est une technique très réussie. C’est efficace pour non seulement capter notre attention, mais aussi ça nous permet de sympathiser avec les personnages et de voir les choses de leur perspective. En les regardant de si près de l’écran, on finit par oublier même la personne qu’on est. On devient si profondément absorbé dans les expériences des personnages au point où on croit être Rosetta ou le jeune homme Dans L’Obscurité. Nous arrivons à être dans leur peau, dans leur tête, à voir avec leurs yeux et à ressentir les mêmes sentiments et émotions qu’ils ressentent. Dans Rosetta, comme le personnage, on devient frustré et en colère contre la structure de la société. On se demande pourquoi il est si difficile pour cette pauvre fille de trouver un emploi et de mener sa vie vers la bonne direction. Pareillement, Dans l’Obscurité, bien qu’on sache qu’il est amoral de voler, on développe de l’anxiété et de la crainte pour le personnage pour qu’il ne soit pas attrapé entrain de voler.

Outre la façon dont les frères Dardenne jouent avec la caméra pour manipuler nos opinions et sentiments, leur emploi des effets artificiels comme la lumière et la musique est très mesuré. Typiquement il n’y a pas de musique pour arbitrer nos impressions sur les évènements. Au contraire, nous entendons le rythme des mouvements physiques et essentiels des personnages. Par exemple, dans Rosetta nous entendons la façon dont elle sursaute crucialement dans l’eau pour ne pas se noyer et aussi la manière dont elle attrape les portes du locker avec toute sa force pour ne pas être entrainée par les policiers qui la tirent pour la faire sortir du lieu de travail. Dans L’Obscurité aussi, bien que les mouvements des mains du jeune homme soient plutôt silencieux, dans notre conscience nous pouvons former un concept (abstrat) du son de ses mouvements et les entendre parce qu’ils sont dramatisés et répétés constamment dans la scène. Tous ces mouvements ont tendance à remplacer la musique qu’on a l’habitude d’entendre comme norme culturelle dans le monde du cinéma.

Dans l’ensemble, je trouve que le style des frères Dardenne est extrêmement exceptionnel. Ils ont la capacité de tordre nos attentes et de jouer avec nos émotions grâce a leur unique aptitude à manipuler la camera. Dans Rosetta et Dans L’Obscurité, les frères Dardenne nous entrainent dans les expériences des personnages et nous forcent à réfléchir sur des changements sociaux et identitaires dans la réalité d’aujourd’hui.

Wednesday, September 28, 2011

Blogue#1 Celui Qui Riait de La Mort est Pris Par La Mort

Filmé en 1959 à Paris, Godard “A Bout de Souffle” est un film spectaculaire qui m’a profondément intrigué. Ce film a énormément contribué au déracinement des modes traditionnels de film production, il présente aussi plusieurs thèmes qui ont de grandes significations sur la vie et notre société moderne. “A Bout de Souffle” explore l’idée de l’amour et de la trahison, la sexualité, les stéréotypes transversaux culturels et les fondamentaux des thèmes de l’existentialisme qui m’ont apparu comme les phénomènes les plus importants du film.

Les principes de l’existentialisme comme l’importance de l’individu par rapport aux règles de la société et l’absurdité de la vie et la mort se trouvent au cœur de la caractérisation des personnages. Plus spécifiquement, Michel Poiccard, est un personnage spontané et intéressant qu’on ne peut pas quitter des yeux à cause de ses idées existentialistes sur la mort, la vie en général et ce qu’il croit être sa raison d’être.

Psychologiquement, la plupart du temps même si tout le monde croit fondamentalement que la mort est inévitable, on a toujours tendance à avoir peur de ça parce que personne ne sait ce que nous réserve l’avenir après la mort. Ironiquement, si on observe Michel Poiccard de tout près, il nous apparaîtra que son attitude envers la mort est très surréaliste. C’est parce que Michel embrasse la mort au lieu d’avoir peur de ça. Il pense toujours à la mort et il lui arrive parfois même d’en rire. Cela est évident dans la longue scène de la chambre d’hôtel. Michel demande à Patricia si la mort n’est jamais venue traverser son esprit et la réponse de Patricia est non. Il explique à Patricia qu’il a souvent pensé à la mort. Quand Patricia lui demande aussi ce qu’il choisira il entre le chagrin et le néant, Michel répond qu’il choisirait le néant qui métaphoriquement représente la mort à certains égards. Michel se justifie en disant que “le chagrin est un compromis." Donc il croit qu’après la mort, il n’aura rien. Contrairement aux gouvernements civils et aux religions qui, pour maintenir l’ordre moral de la société, nous promettent toujours une meilleure vie après la mort comme récompense de nos bonnes actions, Michel croit que la seule vie que nous obtenons est celle sur terre et rien de plus.

Cette façon de penser a une grande influence sur sa personnalité, sa mentalité et son comportement envers les autres. Il pense que tant qu’il vit, il a le choix et la liberté de tracer et contrôler son propre destin sans suivre les règles de la société. Il décide de vivre sa vie dangereusement sans aucun motif, néanmoins il est responsable de ses actes. Michel devient un être très amoral, très anti- autoritaire, égoïste et indulgent car il se concentre seulement sur son bien-être et pas celui des autres. Il commet des crimes sans peine et sans pitié. Il vole aussi des voitures dans les rues de Paris sans remord. Mais à la fin du film, il prend la responsabilité de subir et d’affronter la conséquence de ses propres actions. Après que Patricia lui annonce qu’elle l’a dénoncé à la police, il a la chance de s’enfuir et de s’échapper, mais il a décide de rester car il est fatigué de courir tout le temps pour se cacher.

Donc la seule chose qu’il veut est d’aller en prison là ou il passera son temps a regarder les murs, réfléchir à sa vie pour trouver son être authentique et essayer de comprendre les complexités absurdes de la vie. Malheureusement il n’a pas la chance de faire tout ça car il finit sa vie en tragédie et à bout de souffle avec ses derniers mots qui disent "C'est vraiment dégueulasse". Avec l'ambiguïté ces mots, il est vraiment difficile de savoir si Michel blâme Patricia ou la vie en général.